La classe environnement aux Embiez!
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Le mois de septembre est marqué par la maintenant traditionnelle sortie de la classe environnement sur l'île des Embiez. Cette année, c'est la classe de 6°6 encadrée par Mme Belloc (SVT), Mme Riquelme (Technologie), M Laborieux (Histoire-Géographie, EMC) et M Peyret (Sciences Physiques) qui a la chance de prendre part au projet. Tout au long de l'année les élèves participeront à des sorties qui leur permettront de travailler sur la mer Méditerranée, sa biodiversité et l'impact des activités humaines sur celles-ci. Les élèves seront amenés à participer à une exposition, à un concours photo et à des actions de prévention ou de terrain en faveur de l'environnement. Nous avons bénéficié d'une météo exceptionnelle mais surtout de l'intervention d'Aurélie Vion, assistante ingénieure d'étude à l'Institut Océanographique Paul Ricard, qui a captivé les élèves.
Retour en image sur la sortie! (cliquer sur "Lire la suite").
Dès la traversée en bateau les sixièmes montrent leur curiosité et s'interrogent sur tout ce qu'ils voient.
Arrivés au port Saint-Pierre, petite séance de prise en main des appareils photo. Chaque élève peut demander à prendre un cliché dès qu'il repère une vue intéressante. L'un d'eux sera sélectionné par la classe pour participer à un concours sur l'eau dont nous reparlerons plus tard.
Nous sommes ensuite accueillis par Aurélie. Après avoir présenté la géographie de l'archipel des Embiez, celle-ci nous emmène autour des anciens salins et nous fait découvrir la lagune du Brusc. Nous apprenons qu'elle était très riche en biodiversité grâce à l'herbier de cymodocées qui y vivait mais que celui-ci a brutalement disparu. Elle prend part à un projet de réimplantation de cette espèce marine et nous montre l'herbier qui persiste dans les salins.
Côté lagune, l'eau est très claire car il n'y a plus d'herbier sur le sable.
Côté salins, nous voyons un important herbier de cymodocées.
Nous pouvons observer dans l'herbier de nombreuses espèces (concombre de mer, crabes et autres crustacés, gastéropodes, oiseaux, etc). L'herbier sert aussi d'abri pour les post-larves (juvéniles) de poissons qui s'y cachent de leurs prédateurs. Aurélie nous a expliqué que certains gestes qui nous paraissent anodins peuvent contribuer à détruire la biodiversité (comme prélever des animaux sur la plage, même si on les remet à l'eau après).
Un flammant rose s'envole à l'approche des élèves.
De gros crabes dans l'herbier.
Sous les cymodocées, les concombres de mer nettoient le sable.
Jusqu'il y a 12 ans environ, l'herbier de cymodocées recouvrait près de 80% de la lagune du Brusc. Sa superficie est tombée à moins de 1% en 2007. La raison essentielle vient de l'enlèvement des banquettes de posidonies (un autre herbier) sur les plages alentour. A cause de la houle, les plages ont été soumises à l'érosion durant l'hiver et le sable a été emporté par les courants puis déposé dans la lagune. Pour restaurer les plages, les communes ont eu recours à l'engraissement des plages avec du sable de carrière, très abrasif, lui-même emporté et déposé sur l'herbier, qui a donc été très fortement dégradé.
L'enlèvement des banquettes de posidonies sur les plages est maintenant soumis à dérogation préfectorale. De ce fait la plupart des communes réalisent plus tardivement le ramassage et limitent l'engraissement qui ne se fait plus sur les plages à proximité de la lagune. De plus l'Institut Océanographique Paul Ricard a mis en place un programme de restauration écologique de la lagune (SAR-LAB) : en réimplantant par bouturage des cymodocées dans la lagune, le projet prévoit de restaurer l'herbier d'origine, qui pourra à nouveau abriter de nombreuses espèces animales.
En plus de leur rôle dans le maintien de la biodiversité animale, tous les herbiers (posidonies, zostères et cymodocées) ont une importance majeure : ils produisent du dioxygène et sont un réservoir de carbone.
Riches de toutes ces informations, les équipes d'élèves remplissent avec application leur questionnaire qui se termine par la découverte d'une phrase énigme : "LA VIE SUR TERRE DEPEND DE LA BONNE SANTE DES OCEANS".
Le questionnaire terminé, après avoir remercié et quitté Aurélie, nous montons vers le sommet de la pointe de Cougoussa, point le plus haut de l’île, où se trouve la tour marine. Cette tour a été construite à l’emplacement d’un ancien pharo ( feu de garde) chargé de la surveillance des navires ennemis ou de l’arrivée de navires de commerce.

Bien que le vent nous empêche de rester face au Nord pour observer le paysage, Monsieur Laborieux décrit le panorama ainsi que l’aménagement du littoral et de l’île des Embiez. L’île est en réalité formée de deux îles, l’île de la Tour fondue et l’île Saint-Pierre reliées par le comblement d’une partie des anciens salins.
Petit cours d'Histoire et de Géographie
Les Monts Toulonnais en arrière plan, la lagune du Brusc, les anciens salins et les vignes sur l'île des Embiez
Vers l’Ouest, les élèves peuvent apercevoir l’île du Grand Rouveau avec son phare construit en 1861, qui signale la présence d’écueils mais aussi la proximité des ports de la côte (Bandol, Sanary, La Coudoulière, Le Brusc).
Au loin l'île du Grand Rouveau
Le phare
Nous redescendons par la côte Ouest de l’île, cherchant une plage abritée pour déjeuner et observer la biodiversité marine. Après quelques minutes de marche, qui nous permettent d'admirer le paysage, nous trouvons l'endroit idéal. Cette descente est encore l'occasion pour certains élèves de pratiquer la photographie, toujours dans la perspective de notre concours.
La plage du Rix, un peu trop escarpée pour descendre, mais nous pouvons en faire de beaux clichés.
Descente vers la plage pour pique-niquer.
Une fois le repas terminé les élèves se raffraîchissent dans l'eau et découvrent un Poulpe qui s'approche des banquettes de Posidonies !

Au loin sur des rochers en face de nous, nous observons un Cormoran.
Nous reprenons notre route, toujours en longeant la côte afin de nous rendre au musée et à l'aquarium afin d'observer les espèces typiques de l'herbier de posidonies et des petits fonds rocheux de la Méditerranée. Le musée et l'aquarium sont installés dans le fort Saint Pierre dont la construction s'est achevée en 1863. A l'origine, le fort permettait d'assurer la surveillance et la défense des côtes de Six-Fours.

Devant le musée, face à la mer, M Laborieux en profite pour donner quelques explications sur les canons.

Des sars dans l'aquarium.
Ce fut une journée riche en découverte pour les élèves qui reprendront en classe toutes les informations afin de réaliser des panneaux explicatifs sur les herbiers de Méditerranée, leur importance et la nécessité de les préserver.
Leurs premiers compte-rendus seront publiés sur ce site très bientôt. Pour finir, la carte de l'île des Embiez, avec le chemin parcouru lors de cette journée.