Dans le cadre de la classe environnement, avec laquelle nous étudions la biodiversité sous-marine de la Méditerranée, les élèves de 6ème 5 sont partis ce mardi 5 janvier en direction de Sanary avec leurs professeurs de Technologie, Madame Riquelme, de Sciences Physiques, Monsieur Peyret et de SVT, Madame Belloc.

Pour observer la biodiversité sous-marine, il faut aller sous l’eau. A Sanary, se trouve justement le musée international de la plongée autonome Frédéric Dumas. En effet, toute une partie de l’histoire de la plongée autonome s’est déroulée à Sanary et dans ses alentours avec Frédéric Dumas, Jacques Yves Cousteau et Philippe Tailliez, des précurseurs dans ce domaine. En juin 1943, dans la baie de Bandol, ils essayèrent, pour la première fois en mer, le scaphandre autonome de l’ingénieur Emile Gagnan. En juillet 1943, ils commencent à tourner, sous l’eau, le film « Epaves », un exploit pour l'époque.

Après avoir pique-niqué, nous longeons donc le port de Sanary pour nous rendre au musée. Les élèves découvrent le patrimoine économique et culturel et apprennent à distinguer les différents bateaux de pêche dont les « pointus », des barques de pêche traditionnelles reconnaissables à leur poupe (arrière) pointue et à leur voile latine.

  

A gauche, un bateau de pêche avec son treuil pour remonter les filets

A droite, les pointus de Sanary

 

Au musée, nous sommes accueillis par François Tilquin, un ancien professeur de SVT, qui est membre de l’association du musée Frédéric Dumas. Il a notamment contribué à moderniser le musée en installant des QR-codes permettant aux visiteurs équipés de smartphone ou tablettes d’avoir des informations supplémentaires ou des vidéos liés aux objets présentés.

 

Comme le musée, bien qu’il possède une grande collection d’objets liés à la plongée, est trop petit pour nous accueillir tous, nous nous séparons en deux groupes. Pendant que l’un est au musée, l’autre poursuit sa découverte de Sanary, en observant le patrimoine et la biodiversité du littoral.

Sur la corniche des Baux, les élèves découvrent une fresque en trompe l’œil de Michel Deguil, réalisée en 2005 et représentant un entrepôt portuaire. Cette fresque est abîmée mais les élèves peuvent tout de même observer quelques activités de la vie d’un port autrefois : des pêcheurs réparant des filets, des hommes hissant des tonneaux dans le grenier de l’entrepôt … Quelques élèves s’essayent à prendre des photos de la fresque ou de la mer.

Scène traditionnelle de réparation des filets

  

Deux photographies prises par les élèves

 

En poursuivant notre promenade sur le littoral, nous passons devant le chantier naval, puis nous longeons des villas qui possèdent une vue imprenable sur la Méditerranée et l’île des Embiez. Comme nous n’avons pas le temps de poursuivre le chemin du littoral vers la plage de Portissol, nous prenons le grand escalier des Baux pour redescendre au musée par le chemin de la Colline où nous avons une vue de Sanary dans une très belle lumière.

  

 

 

 

Retour au musée pour la visite : en bonne place, trône la copie du scaphandre du Chevalier de Beauve : ce n’est pas un scaphandre de plongée autonome puisque qu’il est alimenté en air de surface par un soufflet, mais c'est une belle pièce, à côté de laquelle Yanis, Habiba et Chirine prennent la pose ! Le chevalier de Beauve a fabriqué l'original de ce scaphandre en 1715.

Pour que la visite du musée soit plus dynamique, François a tout prévu : un questionnaire à compléter et une tablette pour utiliser les QR-codes. Lorsque l'on veut observer la biodiversité sous-marine, il faut aller sous l'eau. Ce n'est pas notre milieu de vie, plusieurs problèmes vont alors se poser: Comment voir sous l'eau ? Comment respirer sous l'eau ? Comment se déplacer sous l'eau ? Comment se protéger sous l'eau ? Comment témoigner de ce que l'on a vu sous l'eau ?

Le musée présente l'histoire et l'évolution des objets qui permettent de résoudre les problèmes liés à l'exploration sous-marine. Les élèves sont vite intéressés et commencent leur travail de recherche.

 

A gauche, les élèves écoutent attentivement François

A droite, ils se renseignent devant une vitrine  présentant des palmes

 

Lorsque l'Homme va sous l'eau, il voit flou. En effet, notre œil est adapté à la vision dans l'air : la forme de notre cristallin est ovale. Chez les poissons, qui sont adaptés à une vision dans l'eau, la forme du cristallin est ronde. Pour pouvoir voir correctement, notre œil doit être au contact de l'air. L'idée a donc été de placer une vitre entre notre œil et l'eau. C'est ainsi que les lentilles de plongée, les lunettes et les masques sont apparus.

 

A gauche des lunettes de plongée en bois, encore utilisées dans certains pays par des pêcheurs traditionnels (perles...)

A droite, un masque "pneu Goggle" réalisé par Frédéric Dumas à partir d'une chambre à air de pneu de voiture en 1937

 

Afin de rester le plus longtemps possible sous l'eau, il faut résoudre le problème de la respiration. L'Homme est adapté pour respirer dans l'air. Sans équipement particulier, il faut interrompre sa respiration : c'est la plongée en apnée. Un tel type de plongée ne peut pas durer très longtemps. On peut utiliser un tuba pour respirer dans l'air, mais cela oblige le plongeur à rester en surface. Si on veut aller plus profond, il faut utiliser des bouteilles et un détendeur. Pour stocker pus d'air dans la bouteille, celui-ci est comprimé. Pour que nos poumons puissent le respirer à la bonne pression, l'air qui sort de la bouteille passe dans le détendeur.

 

Un modèle de bouteilles assez ancien équipé d'un détendeur datant de 1955.

Avant la plongée autonome, lorsque les scaphandriers étaient reliés à la surface par des tuyaux, leurs déplacements étaient très limités. Grâce aux bouteilles qui l'on rendu autonome, le plongeur peut se déplacer sous l'eau dans les trois dimensions. Pour gagner en rapidité, il a inventé des palmes, qui ont d'abord été appelées palettes ou nageoires. Les premières palettes étaient utilisées pour nager la brasse de manière plus efficace. Les palmes ont évolué et leur utilisation se fait par un battement des jambes qui permet de créer un mouvement d'ondulation.

Une copie du modèle de palmes de Louis de Corlieu, militaire français, inventeur des palmes modernes.

Il a présenté ce modèle en 1933.

 

Maintenant qu'il a gagné en autonomie, le plongeur peut passer plus de temps sous l'eau. Il se retrouve vite confronté au problème du froid en raison des échanges thermiques entre la peau et l'eau, plus froide. Il est donc nécessaire de se protéger grâce à une combinaison partielle ou totale, en fonction de la température de l'eau, de la profondeur et de la durée de la plongée.

Deux mannequins équipés d'une combinaison.

Celui de droite est équipé comme on l'était dans les années 1950-1960.

 

Les plongeurs ont très vite eu l'envie de témoigner de leurs découvertes lors de l'exploration du milieu marin, cependant, à l'époque des débuts de la plongée, les appareils photo et les caméras n'étaient pas étanches. Des plongeurs "bricoleurs" ont imaginé des caissons étanches pour y mettre les appareils photos ou les caméras et les ont réalisé à partir d'objets du quotidien.

 

A gauche, cocotte minute-caisson de Patrick Harot, réalisée entre 1976 et 1984, étanche jusqu'à 250 m.

A droite, le Calypso-Phot,  premier appareil photo étanche par construction.

 

La visite du musée se termine par l'observation de quelques instruments de chasse sous-marine, pratique née de la nécessité de se nourrir. C'est le moment de parler un peu de la biodiversité sous-marine et des espèces protégées, comme le mérou, dont la chasse est interdite.

Sur le retour, avant de prendre le bus pour rentrer, nous avons le temps de passer sur la plage et découvrons les banquettes de posidonies, présentes en grand nombre sur le rivage. Des mouettes rieuses et des goélands leucophées viennent s'y nourrir, une occasion de bien observer les caractéristiques de ces deux oiseaux marins afin de ne plus les confondre. Et malheureusement l'impact de l'Homme sur l'environnement, toujours bien visible, avec cette mouette qui se promène au milieu des déchets.

Banquettes de posidonies.

  

A gauche, un goéland leucophée au premier plan et une mouette rieuse au deuxième plan.

A droite, une mouette rieuse, entre posidonies et déchets.

Les élèves ont été enthousiasmés par la visite pédagogique et dynamique de ce musée. Un grand merci à François et à toute l'équipe du musée pour leur accueil. Pour découvrir d'autres objets liés la plongée autonome, vous pouvez vous rendre sur le site du musée Frédéric Dumas ou aller à Sanary pour le visiter.

http://museedumas.fr/